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Niagara Peninsula

Un article de Vinismo.

Canada : Ontario : Niagara Peninsula

Niagara Peninsula est une appellation officielle DVA de l'Ontario, au Canada.

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LA PETITE HISTOIRE DES ICEWINES...

Voici l’histoire du vin de glace ontarien, telle que bien des gens de la péninsule du Niagara aiment la raconter, avec une bonne dose de fierté et un soupçon de chauvinisme. C’est l’histoire d’un nectar sublime, maintenant de renommée mondiale, et de comment les Européens nous ont fait cadeau du secret du maintien de son excellence… Vous verrez très rapidement que l’histoire a déjà ton de légende, et que les noms des protagonistes n’y figurent plus : c’est que la famille des vignobles du Niagara est tricotée si serrée que le succès des uns est le succès des autres. Alors voici le conte, tel que me l’a présenté un conducteur de car de tournée des vignobles, il y a 5 ou 6 ans…

C’est l’histoire d’un vigneron ontarien, grand maniaque des eiswein allemands, qui a décidé de tenter le coup avec les vignes de son domaine. Même principe, même recette : surmaturation des raisins, séjour d’au moins une semaine à des températures entre -8 et-14 Celsius, vendanges à la même température (la nuit de préférence, pour un maintien plus facile de ladite fourchette de température), pressurage fait lui aussi entre -8 et -14 Celsius. Le résultat; l’eau dans les raisins es gelée, n’est pas extraite. Ne s’écoulent qu’une ou deux gouttes d’un nectar puissant et gorgé de sucre. C’est ce liquide qui sera vinifié.

Le même vigneron, ébloui par le résultat qu’il obtient, décide d’inscrire son vin aux plus grandes compétitions d’Europe, afin de comparer en coude à coude aux liquoreux les plus réputés de ce monde. Son vin sèmera la stupéfaction et l’étonnement sur son passage, non seulement à cause de son raffinement mais surtout en raison de sa provenance. Le Canada? Vraiment?

Toujours est-il que les résultats emballent notre vigneron, qui pense déjà à se faire construire une grange pour entreposer tous ses profits obtenus grâce à la commercialisation de son icewine en Europe, grange entièrement faite d’or massif, inutile de le préciser. Il sera à son tour stupéfait par la réponse que lui serviront les européens à sa proposition d’affaires : « Non. Nous n’achèterons pas votre icewine, Monsieur.»

-Et pourquoi, si je puis me permettre?

-Vous n’avez aucune garantie à nous offrir quant au maintien de la qualité de votre produit. Désolé.

Tout le long du vol de retour, le vigneron maugréa… mpfgrmblgarantie….. grmblmpftusaiscequelleteditmagarantiegrmblf……..

Tout de go, il décide de ne quand même pas s’en laisser imposer et contacte ses potes vignerons pour leur raconter l’affront. Ils lui répondent : « Et si on leur en donnait une, de garantie? » Ben ouais, pourquoi pas, après tout… Ils se réunissent, bossent un max pour mettre sur papier les conditions nécessaires pour faire du vin de qualité en Ontario. Ainsi naquit la Vintners Quality Alliance, de son petit nom la VQA.

Notre vigneron retourne dans les Vieux pays, charte d’une main, contrat de distribution de l’autre. On lui répond : « Non. »

-Et pourquoi, si je puis me permettre?

-Votre charte, elle est fort jolie, mais elle n’a pas force de loi.

…….grmpblfghmmonpoingdanstagueulegrmbl… grmilaforcedeloiluimpfblgr…..

Un autre coup de fil à ses potes vignerons pour leur relater l’arnaque. Ils lui disent : « Ben on n’a qu’à l’amener à Queen’s Park, notre charte, le gouvernement ontarien en fera une loi, tiens! » Ben ouais, pourquoi pas, après tout… Ce qu’ils firent sans se faire prier. Plus de pour que de contre, et voilà que la charte devient le Vintners Quality Alliance Act, un standard de qualité provincial.

Notre vigneron retraverse l’Atlantique, sa loi dans sa poche arrière, flairant enfin les ententes pour l’Europe. On la lui refait : « Non. »

-Et pourquoi, si je puis me permettre?

-Votre loi n’est bonne que dans votre province. C’est une loi pancanadienne qu’on veut.

…..grmblpfgrmettamèregrmbl… ….pfblgrelleestpancanadienneellegrmbl…..

Coup de fil aux potes. « Y a qu’à amener notre loi à Ottawa, ils vont s’en occuper… » Ben ouais, pourquoi pas, après tout…

Sur la Colline Parlementaire, la charte de la VQA gagna le statut national.

Sur l’avion pour l’Europe : …..grmblceseraquoicettefoislesextraterrestresgrmbl……

Les Européens servirent une dernière surprise à notre vigneron; un oui bien senti.

On a longtemps cru, dans la péninsule du Niagara, que les Européens craignaient la concurrence créée par une percée importante des icewines sur leur marché, qui ferait potentiellement péricliter les ventes de leurs propres vins liquoreux. Cela explique le ton et la couleur de cette légende sur la naissance de la VQA. Or, pendant qu’on exigeait des Canadiens de mieux s’armer pour protéger la qualité de leurs produits vinicoles, qu’a-t-on fait en Europe pour consolider le marché intérieur? Rien. Que dalle. Sweet fuck all. En vérité, ce que les européens nous ont fait, c’est un cadeau. Celui de donner du sérieux à notre industrie viticole, qui montrait enfin tout son potentiel, afin qu’elle ne s’effondre pas de l’intérieur par manque de rigueur.

Et pendant que les gros bonnets de notre industrie, les Inniskillin et les Jackson-Triggs, ouvrent les chemins des marchés internationaux, d’autres vignobles, comme Royal DeMaria, préparent de grands icewines qui prendront leur place un jour à côté des grands de ce monde.

Permettez-vous un icewine, un de ces quatre.

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