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La Californie est la plus importante région vinicole des États-Unis, et de loin. Elle produit chaque année plus de 90% du volume national.
La Californie est subdivisée en 93 AVA (American Viticultural Areas). Ce grand nombre d'AVA en Californie s’inscrit dans le cadre d’une recherche croissante de la qualité, à mettre en relation avec l’évolution du goût des consommateurs américains.Elles furent crées à partir des années 1980.
modifier Faits et chiffres
La production californienne est d'une vingtaine de millions d'hectolitres par an, produits par plus de 900 viticulteurs. Le vin est la troisième activité agricole la plus importante de l'État, après les produits laitiers et les fruits.
Les cépages cultivés sont nombreux : 35 cépages blancs et 65 cépages rouges. Les plus cultivés sont le Chardonnay, le Cabernet Sauvignon, le Zinfandel et le Merlot.
modifier Histoire
La viticulture est pratiquée en Californie depuis plus de 200 ans, lorsque les colons espagnols ont planté les premières vignes le long de la côte, sur le trajet de la future Highway 1. Il s'agissait principalement du cépage Mission, originaire d'Espagne. Le tout premier vin de Californie fût tiré en 1782 à la Mission San Juan Capistrano (à mi-chemin entre San Diego et Los Angeles). C'était un vin doux fortifié, dans le genre du Xérès espagnol. Par la suite, des vignes furent plantées autour de la plupart des missions de Californie, le long de la côte et vers l'intérieur des terres, jusqu'à Sonoma au Nord. Après le départ des missionnaires espagnols en 1833, la viticulture se recentra dans le Sud autour de Los Angeles, jusqu'à la fin du 19ème sièle.
C'est à un Français au nom prophétique, Jean-Louis Vignes, que l'on doit la naissance des vins de qualité en Californie. Après avoir importé des plants de Cabernet Sauvignon vers 1830, il devint le premier viticulteur californien à atteindre un niveau de production commercial. Vers la moitié du 19ème siècle, un autre Français, Charles LeFranc, se mit à planter du Cabernet Sauvignon dans la vallée de Santa Clara dans le but de reproduire l'exemple de Château Margaux. D'autres vignerons l'imitèrent en adoptant les méthodes bordelaises, toujours dans le Sud de la Californie. En 1787, le Comte hongrois Agoston Harazsthy fut le premier à s'aventurer plus au Nord en fondant la Buena Vista Winery dans le Comté de Sonoma. C'est à partir de ce moment que la plupart des régions vinicoles de Californie se sont développées, jusqu'à la fin du 19ème siècle.
Au tournant du siècle, les exploitations viticoles étaient encore petites, pour la plupart familiales, et essayaient tant bien que mal d'imiter les vins de Bordeaux, de la Bourgogne et de Sauternes. Elles donnaient souvent à leurs vins des noms inspirés d'appellations célèbres comme L'Hermitage, Bourgogne, Chambertin ou Château d'Yquem. Cependant, leurs vins étaient de qualité ordinaire, produits avec les cépages disponibles à ce moment. C'est seulement à partir de 1910 que les vignerons se mirent à chercher les bons terroirs et climats, et à raffiner leurs techniques, bien que la majeure partie de la production se fasse encore à petite échelle.
Alors que la recherche de la qualité commençait à prendre forme chez les vignerons californiens, ils furent confrontés à une série de catastrophes. Vers la fin du 19ème siècle, une épidémie de Phylloxera s'abattit sur la Californie, et détruisit une grande partie de son vignoble durant les décennies suivantes ; plus de 100,000 hectares avaient disparu en 1915. Après la première guerre mondiale vint la Prohibition, devenue un amendement constitutionnel en 1919. La production, le transport, la vente et la possession d'alcool devinrent illégaux à partir de 1920. Des centaines d'exploitations viticoles furent forcées de fermer boutique définitivement. Quelques-unes continuèrent à produire du vin pour leur propre consommation, ou pour la Messe qui était encore autorisée à servir du vin.
Quand la prohibition fut abolie en 1933, la viticulture californienne était en mauvais état, et devait encore faire face pour les trentre prochaines années à des problèmes bactériologiques dûs à la mauvaise qualité des tonneaux. Les vins doux étaient alors les plus populaires, car leurs défauts pouvaient être facilement masqués. L'industrie faisait aussi face à un problème de financement pour développer de nouvelles exploitations.
L'Université de Californie à Davis joua un rôle majeur dans la transition de l'industrie vinicole californienne après la deuxième guerre mondiale, dans les années 1950. En définissant les meilleurs climats et cépages et en établissant des règles de production strictes, les chercheurs aidèrent les viticulteurs à se munir des bons outils pour développer leur marché au niveau national.
La renaissance de l'industrie vinicole californienne, dans les années 60, coïncida avec un accroissement de la demande pour des vins de qualité. Les consommateurs commençaient à préciser leurs exigences en matière de vin, en réclamant des cépages spécifiques. Le Cabernet Sauvignon et le Zinfandel remplacèrent les vins doux à base de Riesling dans la demande populaire. Les vins blancs connurent aussi une amélioration dans les années 70, quand le Sauvignon et le Chardonnay s'imposèrent face aux vins de table ordinaires produits jusqu'alors.
Les investisseurs commencèrent à s'intéresser davantage au vin dans les années 70, alors que certains hommes d'affaires achetaient des exploitations par plaisir, et pour l'image de prestige associée au vin.
En 1976, lors de la commémoration du bicentenaire de l'indépendance américaine, un jury parisien décerna les premiers prix lors d'un test à l'aveugle à deux viticulteurs de Napa Valley, dans les catégories rouge et blanc. Cette victoire permit d'établir une réputation mondiale pour les vins de Californie. Quelques viticulteurs français parmi les plus célèbres se mirent à investir dans le vignoble californien, comme le Baron Philippe de Rothschild, propriétaire du célèbre domaine Mouton-Rothschild de Pauillac, qui conclut un partenariat avec Robert Mondavi de Napa Valley en 1979.
Dans les années 90, les préjugés contre le vin californien avaient disparu pour de bon. Les innovations et améliorations continuèrent, et on commença à mettre l'accent sur la notion française du "terroir" en plantant les bons cépages dans les bons sols et les bons climats. Par exemple, les cépages comme le Chardonnay et le Pinot Noir prirent la direction des climats plus froids, tandis que les rouges comme le Cabernet Sauvignon, le Merlot et le Syrah furent réservés aux climats chauds. On commença à limiter le rendement de la vigne dans les meilleurs terroirs, et à réduire le feuillage pour maximiser l'ensoleillement. Les viticulteurs commencèrent à utiliser des agents de fermentations naturels, à laisser reposer leur vin dans des tonneaux de chêne français, et à filtrer le moins possible, dans le but de produire des vins plus naturels.
La demande des consommateurs pour le vin californien a explosé dans les années 90. Aujourd'hui, la viticulture de l'État rejoint un marché mondial, qui ne cesse de croître depuis le début du nouveau siècle.
modifier Géographie
Les sols californiens sont jeunes, riches en minéraux et fertiles. Ils varient beaucoup d'une zone à l'autre, ce qui complexifie le choix des cépages à planter. Certains donneront de meilleurs résultats dans des sols riches, tandis que d'autres conviennent mieux aux sols pauvres.
Les vallées viticoles majeures du Nord, comme Sonoma et Napa, présentent un sol riche et une exposition optimale, associés à un drainage efficace.
modifier Climat
La Californie bénéficie d'un climat relativement tempéré grâce à l'océan Pacifique. Sans son effet rafraichissant sur le climat, il serait impossible de produire des vins de qualité dans la région. La brume côtière et son déplacement vers l'intérieur des terres à la fin de la journée crée un système de climatisation naturel essentiel à la viticulture, notamment dans les mois d'été.
modifier Viticulture
modifier Voir aussi
